Soutien dans la recherche d’emploi pour les personnes présentant des troubles mentaux

En Belgique, une personne inactive sur quatre (25,3%) est en maladie ou invalidité, contre une moyenne de 19,6% au niveau européen d’après une étude de Randstad Research publiée ce mois-ci.

Cette proportion ne cesse d’augmenter. En 2010, elle s’élevait à 15,7%.


Selon les chiffres de l’INAMI, en 20 ans, la part des personnes qui entrent en invalidité pour cause de troubles psychiques a progressé de près de 8 % pour les hommes (de 22 % en 1995 à 30 % en 2016) et de plus de 4 % pour les femmes (de 30 % en 1995 à 34 % en 2016), soit un tiers des personnes en invalidité.

Alliant ses attributions en matière d’Emploi et de Santé, la Ministre Christie MORREALE dégage un budget de 3.300.000 euros additionnels pour organiser un soutien renforcé dans la recherche d’emploi à l’attention des personnes ayant des problématiques de santé mentale ou présentant des troubles psychiques.

Trois mesures sont adoptées :
Extension sur le territoire wallon de la méthodologie pilote « activation ». IL s’agit d’un accompagnement individualisé des parcours d’insertion (accompagnement de la formation, recherche active d’emploi et maintien à l’emploi), déployés par des acteurs spécialisés dans l’accompagnement des publics présentant des troubles de santé mentale.
Recours du Forem à d’autres acteurs spécialisés dans le champ de la santé au sens large, de l’insertion sociale ou socioprofessionnelle afin de couvrir les besoins de ces publics en recherche d’emploi ;
Engagement de cinq psychologues supplémentaires au Forem en appui de cet accompagnement.

« Je me réjouis de ce travail pluridisciplinaire entre le Forem et des partenaires spécialisés » a déclaré la Ministre. « Ces personnes pourront suivre une formation, bénéficier d’un coaching à l’emploi et d’un suivi auprès d’un centre de santé mentale, conjointement. Trio gagnant dans la remise à l’emploi ».


Tranches de vie…

Sophie, 46 ans, vit seule avec ses enfants. Elle souffre de bipolarité. Elle est suivie par une psychologue et un médecin traitant. Elle vivait précédemment en Grèce où elle avait la fonction de conservatrice de musée. Depuis son arrivée en Belgique, elle souhaite retravailler mais de nombreux freins sont présents : logement insalubre, pas de soutien familial, méconnaissance des structures administratives, du tissu économique de sa région…
Suivie depuis 15 mois par une assistante sociale du FOREM, elle est prise en charge par un agent « Activation », chargé de transférer les besoins non-rencontrés de Sophie vers les services spécialisés (logements sociaux, Repit, service d’accompagnement). Il sera présent pour Sophie tout au long de son trajet de réinsertion professionnelle.


Jean, 25 ans, a perdu sa maman il y a un an. Depuis il a perdu tous ses repères, il présente des symptômes dépressifs et a développé des phobies, notamment liées à la foule. Il souhaite reprendre sa formation en HORECA qu'il a suspendue, mais ne sait pas comment s’y prendre. Il a peur de ne pas tenir le coup, de ne pas s'intégrer ou de ne pas pouvoir reprendre le bus.
Grâce à son réseau, l'agent « Activation » pourra l'accompagner dans ses démarches administratives, l’aider à trouver ses stages, organiser ses cours, prendre le bus qui le panique… L’agent « Activation » sera une personne de référence si Jean éprouve une difficulté.