Droits des Femmes

Les Ministres adoptent 33 mesures concrètes pour lutter contre le sexisme dans l’espace public, le cyberharcèlement sexiste et la précarité menstruelle

 

CIM Droit des Femmes, Vendredi 11 juin, 14h 

En présence de C. Morreale, A. Antoniadis , K. Lalieux, A.-L. Verlinden, S. Schlitz , W. Beke, B. Linard, V. Glatigny et N. Ben Hamou

  
La Ministre wallonne des Droits des femmes, Christie Morreale et son homologue germanophone, Antonios Antoniadis co-présidaient la CIM Droits de femmes, ce vendredi 11 juin à 14h.  

La CIM a pour mission de renforcer la coordination et les collaborations entre les différents niveaux de pouvoir pour garantir les droits des femmes dans tous les domaines de leur vie quotidienne. 

Durant cette première période de co-présidence, les thématiques prioritaires de la lutte contre la précarité menstruelle, de la lutte contre le sexisme dans l’espace public ainsi que le cyberharcèlement sexiste ont été traitées en profondeur. 

 

Les réflexions se sont construites à partir de l’audition d’acteurs de terrain, experts dans chacune des thématiques. Les expertes attachées à la CIM, Karen Celis, professeure et chercheuse au département de sciences politiques et co-directrice de la recherche du RHEA-VUB et Françoise Tulkens, professeure émérite à l’UCL et ancienne juge à la Cour européenne des Droits de l’Homme, ont également été consultées. 

« L’ampleur de la tâche est importante. Les chiffres sont effarants. Même si nous ne disposons pas encore d’évaluation précise, tout indique que la crise sanitaire a amplifié les phénomènes de violences faites aux femmes. Il n’est plus acceptable que les femmes s’auto-censurent sur les réseaux sociaux pour éviter de payer le prix d’avoir osé s’exprimer. Il n’est plus admissible que les femmes ne se sentent pas en sécurité dans l’espace public, réfléchissent à la manière de s’habiller ou modifient leur itinéraire. Il n’est pas tolérable non plus qu’aujourd’hui des femmes et des filles n’aient pas accès aux protections hygiéniques, manquent l’école ou le travail. » s’insurge Christie Morreale.  

33 mesures ont été dégagées, elles visent à adopter des stratégies en vue de coordonner les actions des différentes entités, que ce soit en matière de prévention, de protection des victimes ou de répression des auteurs.  

« Le travail mené jusqu’ici et les engagements qui ont été pris sont le reflet d’une dynamique de co-construction positive et de concertation approfondie entre les différentes entités de notre pays. Malgré des sensibilités parfois différentes, notre objectif à toutes et tous est commun » affirme Antonios Antoniadis. 

De manière transversale, les 13 membres de la CIM s’engagent à continuer à soutenir significativement le secteur associatif dans ses actions et à renforcer l’éducation en matière de consentement, d’égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre les stéréotypes. 
 

Les mesures principales relatives aux différentes thématiques sont les suivantes : 

En matière de lutte contre la précarité menstruelle :  

  • Renforcer, dès à présent, l’accès à la gratuité des protections périodiques par la mise en place de projets-pilotes par l’ensemble des entités fédérales et fédérées, chacune pour les secteurs en lien avec ses compétences.  

Dans la mise en œuvre de leurs projets pilotes, les différentes entités s’engagent à se concerter et seront attentives, autant que possible, aux recommandations effectuées par le terrain quant aux modalités d’opérationnalisation. Ainsi, une attention sera portée à garantir la qualité des produits et à la réduction des risques en matière de santé ; 

  • Encourager les pouvoirs locaux, dans leurs réflexions relatives à l’aménagement de l’espace public, à effectuer un état des lieux du nombre de toilettes publiques accessibles aux femmes, y compris pour les personnes présentant un handicap, sur leur territoire et, le cas échéant, en augmenter le nombre ; 

Dans le cadre de la rénovation des bâtiments scolaires notamment, une attention particulière à proposer des toilettes salubres et accessibles pour l’utilisation de protections durables (évier dans espace fermé…) sera apportée. 

 

En matière de lutte contre le harcèlement sexiste dans l’espace public :  

  • A tous les niveaux de pouvoir, les ministres compétents en matière de pouvoirs locaux, de mobilité, ou d’aménagement de l’espace public s’engagent à penser l’aménagement de l’espace public en prenant en compte la dimension du genre pour renforcer le sentiment de sécurité et favoriser la mobilité des femmes ; 
  • Redoubler d’efforts communs pour faire connaître la loi sexisme au grand public et lutter contre la banalisation de ce phénomène ; 
  • Identifier, renforcer et mieux visibiliser les services d’aide pour les victimes. Cela peut notamment passer par la mise en place dans les différentes sociétés de transports en commun de systèmes performants de signalement pour les victimes, ou encore par la mise en place de collaborations avec des établissements « refuge » labellisés dans l’espace public ; 
  • Sensibiliser les zones de police et les parquets à dupliquer l’expérience pilote liégeoise qui prévoit un véritable plan d’actions transversal de lutte contre le sexisme mené en partenariat avec les acteurs de prévention, et intégrant un programme de responsabilisation des auteurs ; 

 

En matière de lutte contre le cyberharcèlement sexiste : 

  • Renforcer la formation des secteurs essentiels tels que la police, la justice, mais aussi les médias, l’enseignement et la jeunesse ; 
  • Renforcer et visibiliser davantage l’information et les services de soutien aux victimes, notamment par la création d’une plate-forme unique informative ; 
  • Evaluer et adapter la législation existante pour renforcer la protection et le soutien aux victimes, dont la réforme de l’article 150 de la Constitution afin que les délits de presse motivés par le sexisme soient placés sous la juridiction du tribunal correctionnel (et non plus la Cour d’assise) ; 
  • Interpeller les mandataires européens sur la nécessité de mettre en œuvre un dispositif européen cohérent et efficace pour lutter contre le cybersexisme. Ainsi, les plateformes et autres réseaux sociaux (GAFA(N) devraient être impliqués pour tenter de lutter réellement contre le phénomène en étant réactifs et rapides lors des demandes de retraits de contenus incriminés.