Les pharmacies wallonnes, futures points relais dans la lutte contre les violences faites aux femmes

Dès ce 25 novembre, les 1.800 pharmacies wallonnes vont devenir des « relais » pour orienter les victimes de violences conjugales qui s’adressent à elles. 

Publié le 24/11/2020

Suite aux recommandations émises par la Conférence Interministérielle (CIM) Droits des femmes, La Ministre wallonne des Droits des femmes et de la Santé, Christie Morreale, et les associations de pharmaciens ont travaillé de concert pour impliquer activement les pharmacien.ne.s dans la lutte contre les violences faites aux femmes. 

Les statistiques en matière de violences conjugales continuent d’être interpellantes : en 2015, en moyenne 44 plaintes par jour étaient déposées en Wallonie pour violences physique, sexuelle ou économique dans le couple. Depuis 2017, on dénombre par ailleurs plus de 120 féminicides dans notre pays. Cette situation s’est encore exacerbée pendant la crise sanitaire. Ainsi, la ligne d’écoute « violences conjugales » a vu ses chiffres d’appels tripler durant la première vague de confinement. A l’heure actuelle, on observe toujours un doublement des chiffres par rapport à une période « d’avant crise ». 

Pour faire face à ce problème, un nouveau dispositif d’aide et d’orientation des victimes va voir le jour. A partir du 25 novembre prochain - Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes -, les pharmacien.ne.s de Wallonie pourront orienter les victimes, vers des services spécialisés de prise en charge et d’accompagnement ou vers la police. Un webinaire d’information, des explications, un vade-mecum contenant des informations pratiques et des affiches ont été mis à leur disposition pour informer les victimes dans leurs officines. Les pharmacien.ne.s n’ont donc pas vocation à prendre en charge les victimes eux.elles-mêmes, mais à les orienter. 

Cette initiative est le résultat d’un travail conjoint entre les autorités publiques régionales, les associations de pharmaciens (APB et AUP, OPHACO), la Police, la Ville de Liège (qui a développé un projet pilote durant la première vague) ainsi que les Pôles wallons de ressources spécialisées dans la lutte contre les violences conjugales. 

« La période de la crise sanitaire est malheureusement un terreau de recrudescence des violences conjugales et intrafamiliales. Face à ce constat, ce nouveau dispositif des « relais pharmacie » qui sera lancé ce 25 novembre en Wallonie suite à l’excellente collaboration avec les pharmacien.ne.s, constitue un service complémentaire pour combattre ce fléau de la violence faite aux femmes. J’espère que les victimes oseront franchir le pas, parler de leur situation pour pouvoir sortir de la spirale infernale des violences », conclut Christie Morreale ».