Habitat inclusif

QUESTION ORALE DE MME VANDORPE À MME MORREALE, MINISTRE  DE L’ACTION SOCIALE SUR « L’HABITAT INCLUSIF SOLIDAIRE »

Mme Vandorpe (cdH). – Madame la Ministre, en ce mois de décembre, l’ASBL Habitat et participation a organisé des conférences intéressantes sur l’habitat inclusif et solidaire.

L’habitat inclusif solidaire fait référence à une formule d’habitat qui permet aux personnes porteuses d’un handicap ou d’une fragilité psychique de trouver un « chez elles » adapté tout en leur permettant de trouver une place dans la cité.

C’est une formule de logements partagés qui a été imaginée principalement par des proches de personnes porteuses de handicap mental ou psychique d’ailleurs, pour permettre à leur enfant de vivre de façon autonome une fois devenu adulte.

Plusieurs projets du genre voient le jour en Wallonie. C’est notamment le cas du projet Alodgi qui signifie pour les bons Wallons « loger à plusieurs » qui accueille des personnes souffrant de troubles psychiatriques chroniques – troubles psychotiques et schizophréniques

–, stabilisées, qui sont suivies, mais qui n’ont plus besoin d’être hospitalisées.

Pourtant, au niveau de l’action sociale en Région wallonne, il n’y a pas de reconnaissance officielle de ce type de projet. 

Prévoyez-vous de reconnaître ces projets d’habitat inclusif solidaire ?

Quelles seraient dès lors les normes d’encadrement minimum à respecter ?

Quels seraient les accompagnements qui pourraient être proposés ? Des profils de fonction seraient-ils exigés ?

Si des normes d’agrément sont imposées, à l’inverse, ne risque-t-on pas de perdre de la diversité dans cette offre de prise en charge diversifiée?

Avez-vous une idée du nombre d’adultes wallons qui pourraient avoir besoin de ce genre d’alternative au logement aujourd’hui ?

Mme Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes. – Madame la Députée, l’accès au logement est un droit constitutionnel qui découle du droit au respect à la dignité humaine, mais c’est aussi et surtout un facteur primordial d’inclusion.

Un nombre croissant de personnes en situation de handicap ou âgées souhaitent choisir leur habitat et les personnes avec lesquelles le partager. Il s’agit de concilier l’inclusion et la vie autonome.

Habiter chez soi, être inclus dans son quartier en lien et solidarité avec les autres est une question qui traverse l’ensemble de mes compétences ministérielles.

Je pense en effet aux personnes en difficultés sociales, aux personnes ayant des difficultés à vivre de manière autonome en raison de problèmes psychiatriques, aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées.

Pour toutes et tous, ce droit à habiter chez soi ou de continuer à habiter chez soi se pose de manière prégnante.

« Chez soi, le premier choix » traduit la volonté de la grande majorité des personnes à disposer de leur logement ou de continuer à y habiter.

La Wallonie a pour objectif de promouvoir une offre complète de logement, offrant la possibilité aux personnes en situation de handicap, aux personnes âgées, fragilisées de choisir leurs lieux de vie en disposant d’options entre les structures collectives et le logement individuel.

De nouvelles formes d’hébergements sont développées en Wallonie depuis plusieurs années pour répondre à cet objectif d’adaptation des personnes.

En ce qui concerne le public cible évoqué dans votre question en l’occurrence en situation de handicap et qui ont une fragilité psychique, il y a plusieurs initiatives comme :

  • les logements encadrés novateurs ;
  • les services de logements supervisés ;
  • le projet de l’ASBL Côte à côte qu’a développé un habitat groupé, au cœur de Louvain-la-Neuve, qui réunit en colocation, huit jeunes adultes avec une infirmité motrice cérébrale. Ils sont entourés d’étudiants, d’accompagnants et d’un coordinateur ;
  • les initiatives d’habitations protégées.

Dans le cadre du Plan de relance et résilience européen, j’ai proposé un projet qui vise à permettre aux personnes en perte d’autonomie de vivre dans un habitat de leur choix, à offrir un concept plus humain, plus collaboratif et intergénérationnel pour donner l’opportunité à des personnes qui n’ont plus la faculté  de continuer à vivre chez elles en complète autonomie, d’accéder à un logement inclusif qui se présente sous la forme de petites habitations allant du logement individuel au logement collectif d’un maximum de six personnes ou ménages, qui favoriserait l’inclusion dans la vie du quartier et le soutien à l’autonomie grâce à la proximité du centre-ville ou village ou faciliterait l’accès aux transports en commun, aux prestataires de soins et de services à la personne avec un soutien complémentaire qui pourrait être apporté par un coordinateur par projet.

Les projets peuvent également inclure des moyens solidaires, mais aussi pour promouvoir l’intergénérationnel, avec la fonction notable de permettre aux personnes en situation de handicap et aux ainés de partager les bénéfices inhérents à la vie en groupe, lutter aussi contre la fracture sociale et répondre à la problématique des publics cibles.

Il s’agira de développer huit projets d’habitat solidaires et inclusifs répartis sur l’ensemble de la Wallonie.

S’agissant d’une proposition dans le cadre du Plan de relance et de résilience, un certain nombre d’étapes restent à franchir sur la concrétisation de ce projet, mais il est matérialisé par le dépôt du projet. J’espère qu’il aboutira parce que les arguments sont à la fois bons et qu’ils correspondent réellement à un besoin et une demande de la population. 

Mme Vandorpe (cdH). – Je trouvais que ces conférences étaient vraiment intéressantes. On sait qu’aujourd’hui, le maintien à domicile ou dans son quartier, dans ses habitudes est important, tant pour les personnes plus âgées que les personnes en situation de handicap.

Il faut aussi se mettre dans la peau des parents qui essaient de trouver des solutions pour leurs enfants et pour l’avenir de leurs enfants.

Ces huit projets que vous comptez lancer dans le cadre du plan de Relance sont positifs. J’espère que l’on aura encore l’occasion de développer d’autres projets comme ceux-là.