Chez Autonomia, on est pro-BAP et vous ?

Le BAP, quesako ? Le Budget d’Assistance Personnelle est un montant attribué à une personne en situation de handicap lourd, sous certaines conditions, afin qu'elle puisse organiser l'aide et l'accompagnement dont elle a besoin.

Le programme BAP est par conséquent une politique efficace en faveur du milieu de vie ordinaire. Avec le BAP, le pouvoir est entre les mains des personnes handicapées. Cependant, il n’est malheureusement pas toujours une réalité 

Selon Autonomia, la désinstitutionalisation est un processus global de changement de vision politique et une obligation au regard de la Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU à laquelle la Belgique doit répondre. Ce processus demande le développement d’une offre de services et la réorientation des budgets vers la personne afin qu’elle puisse faire de réels choix de vie. Et le BAP en est la clé ! Il doit persister mais certaines modifications doivent lui être apporté: 


  • Les montants alloués doivent être adaptés aux besoins. Le critère à prendre en considération pour définir le budget est le nombre d'heures nécessaires pour compenser la déficience (de jour et de nuit) afin de répondre à tous les besoins et participer pleinement à la vie en société. Les montants fixes attribués sous forme d'enveloppe ne tiennent pas compte des besoins réels de la personne en situation de handicap. Cela mène à des situations de dépendance et d'institutionnalisation.
  • L'accès au BAP doit être le même pour tous, il ne peut y avoir des maladies prioritaires pour des besoins identiques ! Le seul critère d’éligibilité doit être le besoin déterminé selon les spécificités propres à chaque type de déficience et des outils d’évaluation appropriés. En Wallonie, il ne peut y avoir de maladies prioritaires pour des situations identiques. Toutes les situations de dépendance doivent être envisagées de manière égale. Une personne déficiente visuelle, auditive ou intellectuelle rencontrera des difficultés différentes d’une personne en chaise roulante ! Stop aux exclusions et aux discriminations. Respectons les besoins de chacun et établissons des critères d'accès justes !
  • La personne en situation de handicap doit être l'acteur principal de son processus d'autonomie. Elle est la plus à même de savoir ce qui est bon ou non pour elle. Sa parole doit être écoutée et prise en compte avec la plus grande attention afin de la soutenir et de l'accompagner de manière adéquate dans son processus d'autonomisation. Il faut donner la possibilité à la personne handicapée de gérer son autonomie, d'établir ses priorités de besoins, de sélectionner ses prestataires, de se former, de définir les modalités de l'aide (décider qui, quand, où, comment et pourquoi elle sera assistée), de gérer financièrement ainsi que administrativement son BAP.
  • Le bénéficiaire doit avoir le choix de ses prestataires et accéder à une offre de services diversifiée, personnalisée et flexible, couvrant plus que les heures de bureau. Il doit pouvoir être l’employeur direct s’il le souhaite ou encore faire appel aux prestataires de l'économie collaborative et aux indépendants.De plus, il s'agit d'une opportunité dans la création de nouveaux emplois à des fonctions d'assistants personnels. L’offre doit s’adapter à la demande et plus l’inverse. Il est important de garantir une même qualité d’assistance à chaque personne quelles que soient ses capacités physiques et/ou intellectuelles.
  • Soutenir les personnes dans leur processus d'autonomie par leurs pairs est une évidence dans ce projet. Cela commence par reconnaître et subventionner les centres d'expertises regroupant les pairs, avec un cahier des charges comprenant des missions et des valeurs bien définies à respecter. De tels centres auront pour objectifs :
    • d’informer, former et soutenir les personnes handicapées dans leur recherche d’autonomie et favoriser le partage d’expérience et la construction d’un patrimoine commun entre pairs
    • d’organiser l’évaluation de l’éligibilité au BAP via des équipes indépendantes et pluridisciplinaires si besoin
    • d’assurer la gestion des paiements, l'admissibilité des frais

En Wallonie, le processus est aujourd’hui entièrement géré par l’administration qui est juge et partie. Nous considérons chez Autonomia que si l'AVIQ n’a pas la capacité d’occuper pleinement cette fonction en Wallonie, il serait préférable qu’elle cède sa place. À Bruxelles, Access&Go est responsable de la gestion des BAP et agit avec plus de flexibilité.