La crise du coronavirus a eu un impact dramatique sur les personnes en situation de handicap

EIles se sont senties abandonnées ou ont eu le sentiment de ne pas vraiment compter. Leurs soignants sont épuisés. C'est ce qui ressort d'une enquête d'Unia à laquelle ont répondu 865 personnes, dont 502 personnes en situation de handicap et 363 membres d

La crise du coronavirus a eu un impact dramatique sur les personnes en situation de handicap

"Les personnes en situation de handicap interrogées ont exprimé de nombreuses plaintes concernant leur qualité de vie pendant le confinement", déclare Patrick Charlier, directeur d'Unia. Beaucoup de plaintes ont porté sur leur vie relationnelle, leurs conditions de vie au quotidien, l'accès aux soins de santé, des difficultés encore plus grandes pour faire leurs courses au supermarché ou se promener en rue par exemple".

"En temps normal déjà, la personne en situation de handicap est confrontée à des problèmes que les autres ne connaissent souvent pas ou connaissent moins. Pendant le confinement décidé suite à la crise corona, ces problèmes ont été exacerbés et sont devenus encore plus manifestes. Les contacts sociaux ont été mis "en veilleuse", les personnes en situation de handicap ont subi une forte pression psychologique et se sont souvent senties encore plus seules que d'habitude. Les tensions se sont accumulées dans l'environnement familial".  

Impossibilité souvent de recevoir des soins à domicile  

Le confinement a entraîné le report de nombreux soins de santé classiques. Les soins à domicile ne pouvaient être pratiqués que si les soignants disposaient de moyens de protection. Les moyens de protection n'étaient pas adaptés pour les personnes avec une déficience auditive ou visuelle. Il est devenu encore plus difficile pour les personnes handicapées de suivre des cours ou une formation. "De nombreuses mesures auraient pu être prises et auraient éviter beaucoup de désagréments et de problèmes", déclare Patrick Charlier. 

D'autres aspects ont rendu la situation difficile pour les personnes handicapées pendant le confinement. Le manque d'informations claires sur les mesures corona, par exemple, a entraîné un stress supplémentaire pour de nombreuses personnes. Il n'était souvent pas aisé de savoir où chacun pouvait résider pendant le confinement. Les personnes en situaion de handicap ont également dû affronter des regards ou des comportements blessants.

Témoignage d’une personne en situation de handicap : « J’ai l’impression d’être devenu de plus en plus invisible et inconnu, alors que des organismes régionaux ou fédéraux m’ont comme bénéficiaire dans leurs ordinateurs. Il y a un dysfonctionnement important  car ce n’est pas à la personne elle-même de devoir mobiliser le peu de ressources qu’elle a (si elle en a) pour trouver des aides. » 

Un quotidien bouleversé  

Pour les familles des personnes en situation de handicap, ce ne fut pas facile non plus. Patrick Charlier : "La vie de nombreuses familles a été bouleversée. Les membres de la famille étaient épuisés car s'occuper d'une personne handicapée pesait encore plus lourd que d'habitude. Il était parfois déchirant de devoir faire certains choix : laisser son enfant dans le centre d’hébergement ou le ramener à la maison et être seul à s’en occuper.”

L’interruption ou les limitations dans l’enseignement ont suscité l'inquiétude de nombreuses familles. Les magasins restés ouverts ne tenaient souvent pas compte, ou très peu, des besoins des familles qui faisaient leurs achats accompagnées d’une personne handicapée. Ceux qui étaient autorisés à faire du télétravail étaient confrontés à la tâche ardue de s'occuper en même temps du membre de la famille en situation de handicap. Dans certains cas, le confinement a également entraîné des dépenses supplémentaires que toutes les familles ne pouvaient pas assumer. De nombreuses familles ayant un de leurs membres en situation de handicap se sont senties abandonnées.

Témoignage d’un proche : « Nous avons été surpris du peu d'attention reçue, que cela soit de la part de l'Etat (et des (trop) nombreuses instances qui s'occupent du handicap) ou des professionnels de la santé qui le suivent (sans doute trop débordés). […].. Bref, un sentiment d'abandon résumerait assez bien notre état d'esprit. »

Mieux soutenir les familles

"Les autorités compétentes auraient pu soutenir les familles, par exemple en prévoyant une aide ménagère et un soutien psychologique. Certaines formes de soins auraient simplement dû être maintenues. Les travailleurs auraient pu bénéficier plus facilement d’un congé  pour s'occuper à la maison d'une personne qui en avait besoin. La garde d’enfant aussi aurait dû être facilitée. 

Retrouvez ici tous les résultats de la consultation.
 

Note : Les enquêtes ont été menées entre le 28 avril et le 1er juin 2020, auprès de personnes interrogées dans toute la Belgique. Cela s'est fait en néerlandais et en français et en langue des signes.

 

Source: UNIA