L'Association Valentin Haüy, une histoire qui dure depuis 130 ans!

Créée par Maurice de La Sizeranne en 1889, l’association Valentin Haüy (AVH) poursuit l’ambition de son fondateur et déploie ses actions partout en France pour permettre aux personnes aveugles et malvoyantes de gagner en autonomie au quotidien.

L'Association Valentin Haüy, une histoire qui dure depuis 130 ans!

Le 28 janvier 2019 a marqué les 130 ans de l’organisation qui, dans le prolongement de son projet associatif, agit en faveur de l’insertion sociale et défend l’accessibilité sous toutes ses formes : physique, culturelle, numérique, mais aussi dans les espaces publics ou encore dans les entreprises.

« 3 QUESTIONS À » GABRIEL DE NOMAZY, PRÉSIDENT DE L’AVH

Élu depuis le 6 juin 2018, il entend respecter les valeurs à l’origine de sa création tout en répondant aux besoins actuels.

Quel bilan dressez-vous de ces 130 années passées à faire avancer la cause des aveugles et des malvoyants ?


Jusqu’au 18ème, siècle, l’histoire des personnes aveugles se confond avec celle de tous les exclus. Les moins favorisés mendient ou vivent d’expédients, des organismes de bienfaisance venant seuls les secourir. C’est dans ce contexte que Maurice de La Sizeranne fonde l’association Valentin Haüy, associant dans sa direction aveugles et voyants de façon paritaire. Dès sa création, l’association a voulu permettre aux personnes aveugles et malvoyantes de vivre de façon digne et autonome : premiers ateliers de fabrication (brosserie, vannerie...) en 1893 ; ouverture de l’institut psychopédagogique de Chilly-Mazarin en 1900 ; création de l’école de kinésithérapie et d’une formation de standardiste en 1906 ; ouverture du service social en 1944, d’un premier ÉSAT en 1962, de résidences-services pour seniors et jeunes travailleurs en 1993, d’un service d’accompagnement à la vie sociale en 2012.

L’objectif de l’association est aussi de permettre à tous l’accès à la culture, à l’écriture et à la lecture. C’est ainsi que sont créées l’imprimerie braille en 1910 et la bibliothèque sonore en 1937. En 1989, l’AVH introduiten France l’audiodescription des films. Elle ouvre en 1999 son premier club informatique, adopte en 2004 le système DAISY, spécialement conçu pour faciliter la lecture des personnes déficientes visuelles, puis inaugure en 2008 le centre d’évaluation et de recherche sur les technologies pour déficients visuels. En 2013, elle lance Éole, bibliothèque numérique en ligne. Pour être au plus près des déficients visuels, l’AVH aprogressivement mis en place un réseau de comités, partout en France. Leur première mission est d’accueillir, d’écouter, d’informer et de conseiller les personnes qui perdent la vue mais aussi de les représenter dans lesinstances officielles. À ce jour, l’AVH dispose de 120 comités régionaux ou locaux.

Quelles sont les priorités auxquelles vous devez faire face aujourd'hui ?

Le chemin parcouru en 130 ans d’existence est immense. Nous sommes l’un des rares acteurs en France à proposer une aussi large palette de services allant de l’hébergement à l’insertion professionnelle pour lespersonnes déficientes visuelles. Il reste néanmoins encore beaucoup à accomplir. L’accessibilité des lieux publics est encore très insuffisante, moins de 10 % des sites internet sont accessibles, seulement un tiers des personnes déficientes visuelles en France accèdent au marché de l’emploi. C’est pourquoi nous devons développer nos actions en faveur de l’accessibilité physique, culturelle, numérique et diversifier l’offre de formation, de production et d’accueil de nos différents établissements.

Afin d’accompagner les personnes déficientes visuelles impactées par la désertification des campagnes, nous voulons également renforcer l’impact des comités locaux tout en affirmant notre présence dans chacundes départements de la région parisienne.

Quelle vision avez-vous de vos missions pour les prochaines décennies ?

Nos missions fondamentales ne vont guère changer ; c’est notre capacité à accompagner un plus grandnombre de bénéficiaires au plus près de leurs besoins qui doit évoluer. Nous allons devoir répondre au défi du numérique et des nouvelles technologies pour répondre aux besoins futurs des personnes déficientesvisuelles. Le nombre de personnes aveugles et malvoyantes devrait être multiplié par trois en 2050 dans lemonde, notamment chez les seniors. C’est pourquoi nous souhaitons développer et diversifier notre offre dans l’accompagnement médico-social des personnes déficientes visuelles avec handicap associé et despersonnes âgées dépendantes.

Enfin, il faut que l’association Valentin Haüy s’impose comme un acteur majeur dans la défense des droits des personnes déficientes visuelles et dans la lutte contre les préjugés liés à ce handicap.

 

©Communiqué de Presse