Cameroun : SOPHAD

La SOPHAD, entendu Solidarité des Personnes Handicapées pour le Développement a vu le jour en 2002 à l’Ouest Cameroun.

La SOPHAD, entendu Solidarité des Personnes Handicapées pour le Développement a vu le jour en 2002 à l’Ouest Cameroun. C’est une plateforme de la société civile Camerounaise qui regroupe à nos jours en son sein pas moins de douze associations de droit Camerounais des personnes vivant avec le handicap quel qu’il soit, physique ou mental et de 200 membres physiques représentés dans toute la région de l’Ouest.

La SOPHAD a cette particularité d’avoir été créée, d’appartenir et d’être gérée au quotidien par les handicapés eux-mêmes ; son administration est donc absolument inclusive et caractérisée par l’empirisme de ses dirigeants.

Son Coordonnateur Général actuel, Mr Claude TIATSE NKUE, Cadre technique de développement, est lui-même atteint d’un handicap physique qui limite ses capacités de mobilité, mais pas assez pour porter atteinte à son moral d’homme extrêmement dynamique. Revenu d’un bref séjour en Italie, étant à la fois de communication du palais royal Bafoussam et journaliste à la Radio des Montagnes, l’idée lui est venue de créer la SOPHAD, dont il ressentait le besoin fort de son propre expérience.
« La personne handicapée au Cameroun est très marginalisée, nous dit-il, étant moi-même handicapé j’ai envers toute les personnes handicapées un sentiment de solidarité ce qui fait que leur sort m’a toujours préoccupé au plus haut point. J’avais fait le constat selon lequel les personnes handicapées dans notre pays et particulièrement dans la région de l’Ouest, ne se repliaient pas sur leur handicap pour mendier et demeurer sans rien faire. Ils se regroupaient par petites associations et Gics et travaillaient comme n’importe quelle autres personnes en fonction des activités conforment à leur handicap. Malheureusement, ils n’étaient pas soutenus et encadrés comme ils méritent de l’être d’où l’idée de créer la SOPHAD qui est une tribune nationale voire internationale pour faire entendre la voix et les doléances de la personne handicapée. (…) Imaginez-vous que la personne handicapée n’est pas présent lorsque le législateur et l’autorité décide de ce qui le concerne ! »

La SOPHAD a donc pour but de documenter et de valoriser la communication sur la personne handicapée : sur ses droits, ses opportunités d’emploi, ses besoin en santé, etc. Dans un environnement social Camerounais où la personne handicapée ne bénéficie pas d’une assistance dont elle en a légitimement droit, par exemple, d’une pension d’invalidité, de la gratuité des soins médicaux, des facilitations pour l’emploi ou des emplois réservés, des subventions et crédits exclusifs, des aménagements spécifiques dans les parkings, les établissements scolaires, les services publiques et privés, les entreprises, etc., la SOPHAD ne pouvait s’abstenir d’être un piédestal pour décrier tous ces manquements ; un écho retentissant et résolu pour que les droits légitimes des handicapés leur soient rendus.

Aux handicapés qui ont la possibilité et la volonté de travailler, la SOPHAD se veut leur soutien et leur accompagnateur au quotidien ; c’est ainsi qu’elle entend leur apporter des appuis divers, en conseils et en recherche documentaire, de service et numérique. La SOPHAD est donc l’outil moderne de la gestion du problème des handicapés au Cameroun.
Elle combat les clichés, les stéréotypes et les mysticités qui se sont développés autour des personnes handicapés, qu’on croit être des gens entièrement à part, alors qu’ils sont tout aussi ordinaire que n’importe qui exceptés leur handicap. Ils méritent beaucoup plus de la bienveillance, de la compréhension, que de la pitié qui les pousse à être des mendiants. Car tous les hommes finissent par être des handicapés lorsqu’ils se tournent vers ce qu’ils ne peuvent pas faire plutôt que vers ce qu’ils peuvent faire.

La SOPHAD organise dans les jours à venir des rencontres avec les médias autant qu’elle va relancer l’édition des dépliants et tracts pour faire reculer le peu d’information qui circule sur elle dans l’opinion national et mieux se faire connaitre par les décideurs, l’autorité locale décentralisée et l’administration. Elle va aussi organiser la semaine de l’emploi pour les PVH (personnes vivant avec un Handicap), renforcer les capacités des membres en matière de lutte contre le VIH/SIDA, appuyer la scolarisation des enfants handicapés et ceux nés des parents handicapés, elle va rechercher les voix et moyens de faciliter l’obtention de la carte nationale d’invalidité (CNIn). Les handicapés ne sont pas moins les Camerounais comme les autres et il est tout à fait alarmant qu’en ces temps où l’on délivre les CNI gratuitement, personne n’ait songé à eux dans l’obtention de ce sésame qui leur met dans tous leurs droits et avantage.

La SOPHAD gagnerait à organiser des campagnes de sensibilisation de proximité ; à faire elle-même du porte-à-porte auprès des autorités et des élites, afin qu’on puisse également lire comme on le lit en ces jours-ci à la télévision nationale pour les Mbororo et les Pygmées, que des campagnes d’établissement des carte Nationale d’Identité vont être organisés dans des endroits spécifique à l’intention, bien sûr, des handicapés.

L’espoir qui s’affirme au fil des années à la SOPHAD vient de son bilan annuel tant sur le point des activités, des partenaires, de la gestion financière, qui va crescendo et jouit aujourd’hui d’une lisibilité levée de toute opacité, comme on peu le noter dans son bilan qui laisse clairement ressortir que cette organisation de la société civile Camerounaise est nantis d’une expérience adéquate, maitrise parfaitement son sujet et est résolument déterminer à atteindre de manière concrète et palpable ses grandes objectifs pour une meilleure prise en compte dans les décisions et une meilleures insertion socioéconomique de la personne handicapée.

Reportage de Claude TIATSE NKUE, Coordonnateur Général SOPHAD