France - Belgique, le scandale des handicapés

Réaction d'Eliane TILLIEUX suite à l'article de Libération du 25 avril 2014 "France - Belgique, le scandale des handicapés"

Communiqué de presse

Le contexte
Les boutons d'or est un des 14 services de la société anonyme Le Carrosse. Il dispose d'une autorisation de prise en charge pour 435 personnes. Les Boutons d'or accueillent 40 français en situation de handicap et est ouverte depuis juin 2010.

L'AWIPH connaît bien cette institution et suit de près son activité. Des visites d'inspection, par un médecin inspecteur, ont d'ailleurs été réalisées en juin 2013 et janvier 2014. Les rapports d'inspection n'ont fait état d'aucun manquement. L'awiph souligne d'ailleurs que "Les membres du personnel sont très investis dans la prise en charge de personnes très lourdement handicapées présentant des troubles graves de comportement avec des crises de violence."

Les événements récents
L'article de ce matin fait état de faits interpellants. L'AWIPH a dès lors directement pris contact avec la direction du service.

Conscients de l'impact des photos prises par le journaliste français, la direction a proposé d'ouvrir ses portes afin de rencontrer tant l'équipe d'encadrement que les résidents mais aussi de mieux comprendre la situation et les conditions de vie.

Bien sûr, le médecin inspecteur de l'AWIPH s'est rendu immédiatement sur place. Un rapport sera réalisé dans les meilleurs délais afin de prendre attitude sur une base objective et étayée. En effet, une photo, un article de presse ne peuvent rendre de compte de toutes les dimensions d'une situation.

Ainsi, il est essentiel de remettre certains faits dans leur contexte. En ce qui concerne l'infrastructure, il est vrai qu'elle est assez froide et que les chambres sont très dépouillées mais cela est dû à la particularité de la population accueillie. En effet, certains résidents présentent des troubles à ce point grave, qu'ils ne supportent pas leurs vêtements qu'ils arrachent systématiquement, ils ne supportent pas mobiliers et décoration ou se blessent. Il est fréquent que la direction et l'équipe d'encadrement d'une institution décident de retirer tout meuble ou objet mettant en danger le résident.

En conclusion, avant de prendre attitude, je veux évaluer la situation.

L'accord de coopération avec la France
J'ai pris contact avec la secrétaire d'Etat française en charge de la politique des personnes handicapées , Ségolène Neufville, Secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, afin de l'informer de la situation et des premiers constats de notre médecin inspecteur.

Nous avons convenu qu'une inspection conjointe serait réalisée. En effet, depuis le 1er mars 2014, l'accord de coopération avec la France visant à mieux encadrer et réguler l'accueil des français en Belgique est entré en vigueur. Celui-prévoit notamment un contrôle des services par une équipe franco-wallonne.

Enfin, l'institution elle-même demande à la France de mener un audit complet.


Une vision conjointe
Plus globalement, la Wallonie a souhaité, en 2009, réserver l'accueil et l'hébergement des français handicapés aux seules institutions publiques ou associatives. La directive services ne nous autorisait malheureusement cette régulation d'un secteur au nom du sacro saint principe de liberté d'entreprendre de la Commission européenne.

La secrétaire d'Etat, Ségolène Neufville, et moi-même sommes convaincues qu'il ne faut pas permettre le développement d'un secteur lucratif qui pourrait faire des bénéfices avec de l'argent public au détriment des personnes handicapées.

Nous porterons ensemble cette question à l'Europe.