Wallonie : Masques adaptés au handicap de la personne.

Question orale de Mme Vandorpe à Mme Morreale sur « la mise à disposition de masques adaptés au handicap de la personne »

Wallonie : Masques adaptés au handicap de la personne.

Mardi 15 septembre 2020

QUESTION ORALE DE MME VANDORPE À MME MORREALE, MINISTRE DE L’EMPLOI, DE LA FORMATION, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE, DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES ET DES DROITS DES FEMMES, SUR « LA MISE À DISPOSITION DE MASQUES ADAPTÉS AU HANDICAP DE LA PERSONNE »

M. le Président. - L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Vandorpe à Mme Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, sur « la mise à disposition de masques adaptés au handicap de la personne ».

La parole est à MmeVandorpe pour poser sa question.

Mme Vandorpe (cdH). - Madame la Ministre, la situation est claire : on doit vivre masqués. En tant que députés, on nous dit : « Quand vous parlez, vous pouvez éventuellement enlever le masque ». On sait à quel point le sourire, le non-verbal, est important. Pourtant, il est important, pour des raisons sanitaires, de le porter.

Les sociologues redoutent néanmoins, à ce propos, un accroissement de la fragmentation sociale, surtout pour les personnes avec un handicap.

Les personnes sourdes et malentendantes sont particulièrement touchées par la situation actuelle, car le port du masque par une majorité de la population les empêche de pouvoir lire sur les lèvres. Finalement, cela les isole un peu plus chaque jour puisque la communication devient de plus en plus compliquée.

Le secteur du handicap doit pouvoir s’adapter à la crise actuelle et à ses conséquences.

Pour prendre un exemple, le Centre médical d’audiophonologie de Montegnée, une ASBL agréée par l’AViQ, spécialisée dans le domaine de la surdité compte 200 patients en réadaptation ambulatoire...

(Réactions dans l'assemblée)

Je vous donne des expressions de chez moi, et vous me donnez l’accent de chez vous.

Le centre, unique en son genre en Province de Liège, organise aussi un enseignement spécialisé aux niveaux maternel et primaire. Du point de vue éducatif, les difficultés apparaissent surtout avec les enfants, alors que la prise en charge est multidisciplinaire : ORL, audiologue, logopède, psychologue, et cetera.

Faute de masques adaptés, beaucoup utilisent des visières de protection, réalisées notamment avec les imprimantes 3D, mais c’est un peu palliatif.

La Wallonie compte-t-elle intervenir au bénéfice de toutes ces personnes sourdes ou malentendantes pour qu’elles puissent facilement s’équiper et équiper leur entourage de masques transparents adaptés, puisque maintenant cela existe ? Malheureusement, ces masques avec écran transparent sont difficilement disponibles chez nous. La Wallonie compte-t-elle mettre quelque chose en place pour tenter de pallier ce problème d’approvisionnement spécifique à une catégorie de la population qui, pourtant, en a bien besoin ?

M. le Président. - La parole est à Mme la Ministre Morreale.

Mme Morreale, Ministre de l’Emploi, de la Formation, de la Santé, de l’Action sociale, de l’Égalité des chances et des Droits des femmes. - Madame la Députée, plusieurs personnes et associations se sont effectivement adressées à moi pour exprimer les difficultés engendrées par le port du masque pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Le fait d’avoir la majeure partie du visage masquée n’est en effet pas sans leur poser des difficultés. Au-delà de la lecture labiale, la langue des signes est complétée par les expressions du visage, comme vous le disiez.

Afin de répondre au mieux aux demandes, dans un premier temps, j’avais chargé mes collaborateurs de prendre contact et conseil auprès de la Fédération francophone des sourds de Belgique. J’ai ensuite dégagé des moyens et chargé l’AViQ de lancer un marché public visant l’acquisition ou la fabrication de masques transparents.

Vous avez raison, ce n’est pas une chose aisée d’avoir ce type de matériel. On s’est tournés vers une adaptation et une possibilité pour la Wallonie de recourir à la fois à une internationalisation de notre économie et de nos matériaux, mais aussi de pouvoir recourir à des entreprises de travail adapté qui, pour certaines, ont fait preuve de beaucoup d’adaptabilité pendant cette crise.

C’est l’ETA Entranam qui s’est vue confier la fabrication de 10 000 masques transparents lavables. La livraison est attendue pour le début du mois prochain. Ces masques seront distribués aux professionnels des services en lien avec des personnes qui pratiquent le langage des signes et la lecture labiale pour qu’ils puissent les porter et rendre cette communication possible. Ces professionnels remettront aussi des masques à leurs usagers pour qu’ils puissent à leur tour les distribuer autour d’eux et à leurs contacts habituels.

Un recensement est actuellement effectué par l’AViQ dans tous les secteurs concernés parce qu’il faut regarder dans les associations spécialisées dans le secteur du handicap, dans les services d’hébergement pour les personnes en situation de handicap, les services d’accompagnement, les bureaux régionaux de l’AViQ, le secteur de la santé dans les services de santé mentale, dans les centres de revalidation fonctionnelle, mais aussi dans le secteur des maisons de repos puisque la surdité peut toucher tous ces publics.

La solution a été trouvée, non sans mal, puisque au début on nous avait parlé de conformité de masques – je pense que j’avais déjà été interrogée à ce sujet. Cela ne pouvait pas être utilisé dans les lieux de soins en tant que tels.

Ici, on voit bien aussi que cela s’inscrit dans la durée de pouvoir continuer à communiquer et avoir des reprises pour toutes les personnes sourdes et malentendantes que comptent notre Région.

M. le Président. - La parole est à Mme Vandorpe.

Mme Vandorpe (cdH). - Merci pour ces réponses. Fabriquer au niveau belge permettra, en effet, de palier ce problème. C'est une belle initiative. C'est vrai qu'il existe des genres de mini-visières qui partent du menton, mais il avait été dit que ce n'était pas suffisant en termes de protection. Là, ce sont donc vraiment des masques transparents qui protègent réellement l'entièreté du visage.

On a été alerté par énormément de personnes sourdes et malentendantes qui n'arrivaient pas à se retrouver non plus dans les publications et les émissions qui étaient faites. Le travail doit donc continuer de ce côté-là, mais il est clair que le développement au niveau local de ces masques est un plus.