Violence et abus dans le secteur des soins - témoignages chez UNIA

Le 3 décembre 2019, Journée internationale des personnes handicapées, Unia lançait une consultation afin de donner la parole aux personnes handicapées sur 10 grands thèmes. Pas d’améliorations majeures dans la vie des personnes en situation de handicap...

Le nombre élevé de répondants qui témoignent de violence ou d’abus dans le secteur des soins est également frappant. La dépendance du patient ou de l’usager vis-à-vis de l’expert médical ou du soignant s’avère être un facteur de risque important à cet égard. La limite entre les comportements appropriés ou non a trop vite tendance à s’estomper.
D’autre part, la liberté de choix des personnes handicapées concernant le traitement et les soins n’est pas toujours respectée. Elles doivent pourtant pouvoir donner leur consentement éclairé sur le traitement ou les soins qu’elles reçoivent. Si elles n’ont pas leur mot à dire, elles le ressentent , à juste titre, comme une grave atteinte à leur intégrité. De plus, cela nuit aussi à leur estime de soi.
« Comme je suis dépendante des autres pour mes soins depuis ma naissance, ce n’est pas toujours très clair pour moi quand quelqu’un franchit la ligne blanche. C’est seulement lorsque j’ai fait la même chose avec ma sœur et qu’elle m’a dit qu’on ne pouvait pas faire ça que j’ai sursauté, parce que l’autre personne me disait qu’elle me faisait ça parce qu’elle m’aimait bien. Ma sœur m’en veut toujours pour cela. J’ai vu un psychologue pendant un certain temps. » *
« Il n'y a clairement pas assez de sensibilisation et d'action contre le validisme, les violences médicales, ... C'est un énorme point noir dans la vie des personnes en situation de handicap. »
« Même les médecins ont peu de respect pour les droits du patient. Mais il ne faut jamais les contrarier, car s’ils écrivent quelque chose dans votre dossier médical, cela vous suit. Donc, ils peuvent vous insulter, vous humilier et vous intimider sans qu’on puisse faire quelque chose. » *
« À l’hôpital, il m’est déjà arrivé de rester quatre jours dans le couloir aux urgences, où ils vous lavent et ils vous changent la couche-culotte alors que tout le monde passe par là. » *
« Je voudrais pouvoir décider moi-même, comme tout le monde, qui peut ou non toucher à mon corps. Mais la plupart des services de soins à domicile ne sont pas à l’écoute de ça et trouvent que n’importe quel membre de leur personnel doit pouvoir soigner mon corps, peu importe ce que je ressens. À cause de mon handicap et de ma faible liberté de choix, je suis parfois contrainte d’accepter des gestes d’intimité très malvenus que je ressens, dans le pire des cas, comme un viol. » *

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1 144 personnes en situation de handicap y ont répondu. Un an après le lancement de la consultation UNIA dévoile les résultats. 

Voici le rapport… ICI