Parcs d'attractions Plopsa : vers une meilleure politique d'accès pour les personnes handicapées ?

Les modifications apportées à la politique d'accès des personnes handicapées dans les parcs d'attractions Plopsa ont déclenché une vague de protestations et de signalements.

Communiqué de presse
Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme

L'année dernière, les modifications apportées à la politique d'accès des personnes handicapées dans les parcs d'attractions Plopsa ont déclenché une vague de protestations et de signalements auprès du Centre. Les ‘personnes handicapées physiques ou aveugles’ d'une part, et les ‘personnes handicapées mentales’ d'autre part, ont été exclues de toute une série d'attractions ; une mesure contraire à la loi anti-discrimination et aux principes de la convention de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées. La sécurité des parcs d'attractions est une nécessité cruciale, mais ne constitue évidemment pas une raison pour considérer les personnes handicapées comme deux grandes catégories de risques, sans fondement clair ni objectif.

Le Centre et la cellule Gelijke Kansen in Vlaanderen (Égalité des Chances en Flandre) des autorités flamandes ont dès lors insisté sur l'importance de développer une approche plus nuancée, basée sur la possession ou non de certaines aptitudes pour utiliser les attractions en toute sécurité. Un processus de concertation a été mis sur pied via le SPF Économie, responsable de la réglementation en matière de sécurité auxquels des représentants d'autres grands parcs d'attractions belges ont également participé, aux côtés de ceux de Plopsa. Un pont a également été jeté en direction du service de certification européenne ISO dans le domaine des parcs d'attractions. Aujourd'hui – à la veille de la nouvelle saison pour les parcs Plopsa – le Centre dresse le bilan.

Améliorer l'information et la formation

À l'issue des premières discussions, Plopsa a accepté d'informer de toute façon plus clairement les utilisateurs handicapés et leurs accompagnateurs sur les raisons de certains risques, de manière à ce qu'ils puissent mieux juger eux-mêmes s'ils disposent des aptitudes nécessaires pour utiliser les attractions en toute sécurité. Dans une annexe au guide actuel pour les personnes handicapées, Plopsa a dressé la liste des attractions concernées en indiquant les éventuels problèmes pour les personnes à qui, en raison d'un handicap, il manquerait certaines aptitudes. Il y a quelques semaines, la possibilité a été offerte au Centre, ainsi qu'à l'asbl ENTER, de formuler des remarques et suggestions sur cette version provisoire du guide. Le Centre espère les retrouver dans le document final, qui sera en principe diffusé au public à partir du 31 mars prochain.

Cette réunion a également révélé la nécessité d'une formation du personnel de Plopsa à l'accueil des personnes handicapées. Ce volet fera dorénavant partie intégrante du programme de formation, une évolution que le Centre qualifie de positive.

Modifier la réglementation

Ce n'est que plus tard dans le processus de concertation, et en particulier après une visite à Plopsaland La Panne en décembre 2012, que le Centre a dû constater que l'analyse de sécurité spécifique, que Plopsa a été le premier en Belgique à commander pour les utilisateurs handicapés, était très critiquable. Le SPF Économie admet que la législation est trop laxiste sur ce point et examine actuellement les moyens de modifier les conditions d'accréditation pour les mécanismes de contrôle. Les instances qui effectueront à l'avenir des analyses de sécurité pour les catégories spécifiques de personnes, devront prouver qu'elles disposent de l'expertise nécessaire et utilisent des méthodes adaptées. De son côté, Plopsa a entre-temps pris conscience que l'on pouvait pas systématiquement considérer de manière identique les personnes handicapées physiques et les aveugles, par exemple, en termes d'aptitudes, et a pris des mesures pour nuancer d'ores et déjà sa politique à ce sujet. Le Centre examinera les résultats de ces mesures avec intérêt.

Responsabilité juridique

En ce qui concerne la responsabilité finale dans ce dossier, Plopsa soutient qu'il ne peut pas, du point de vue juridique, faire tout simplement fi de l'analyse de sécurité actuelle de l'organisme de contrôle agréé. Le SPF Économie ne s'est pas encore prononcé explicitement sur ce point. Pour le Centre, il ne peut en aucun cas y avoir la moindre discussion sur la finalité. « Les restrictions catégorielles sans fondement objectif sont inadmissibles », déclare Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre. « Les personnes handicapées doivent également bénéficier d'un accès maximal à toutes les attractions des parcs de loisirs, quitte à prévoir des aménagements raisonnables. » La loi anti-discrimination et la Convention de l'ONU obligent respectivement Plopsa, en tant que fournisseur de biens et de services , et les autorités belges, en termes de réglementation sur la sécurité, à traduire ces principes dans la pratique.

Seul le tribunal est compétent pour traiter cette question en profondeur. Or jusqu'ici, le Centre a toujours, malgré tout, jugé le dialogue plus constructif. « Plopsa a pris une série d'engagements et déclare que les personnes handicapées disposant des aptitudes nécessaires pour utiliser les attractions en toute sécurité ne seront plus exclues désormais. Le Centre va continuer à suivre attentivement ce dossier et reste disposé à poursuivre un dialogue constructif, à condition que des progrès réels soient enregistrés. N'oublions surtout pas qu'après le changement radical de politique de Plopsa l'année dernière, nous sommes toujours en pleine manœuvre de rattrapage », conclut Delruelle.

Enfin, le Centre espère que Plopsa entamera également cette année un dialogue direct avec les associations de personnes handicapées et plaide pour que l'on les implique plus activement dans la recherche de solutions adaptées.