Et pour les valides ?
Bruxelles : Les personnes à mobilité réduite limitées à 60 trajets Taxibus par mois — un recul pour l’accessibilité
À partir de maintenant, les personnes à mobilité réduite (PMR) ne pourront plus effectuer que 60 trajets par mois avec le service Taxibus de la STIB. Cela revient à un aller-retour par jour, maximum. Une décision qui suscite colère et inquiétude parmi les usagers concernés.
“Ma vie ne se résume pas à un simple aller-retour chez le kiné”, déclare Anne Delvaux, utilisatrice du service atteinte d’un handicap moteur, interrogée par la RTBF. “Soixante trajets, ça veut dire choisir : aller travailler ou aller chez le kiné ? Et les sorties, on oublie. Moi, j’ai kiné tous les jours… Je ne pourrai plus utiliser Taxibus pour autre chose dans la journée.” Pour elle, comme pour beaucoup d’autres, ce service n’est pas un luxe mais un outil indispensable de qualité de vie et d’autonomie.
Un service qui pallie un manque structurel d’accessibilité
Facturé 1,90 € par trajet, le Taxibus joue un rôle essentiel à Bruxelles : il compense l’inaccessibilité partielle des transports publics classiques. Trottoirs non adaptés, ascenseurs en panne, trams difficiles d’accès… Autant d’obstacles qui rendent les déplacements ordinaires extrêmement complexes pour les personnes en fauteuil roulant ou à mobilité réduite.
De plus, les Taxibus permettent d’éviter les heures de pointe, souvent hostiles pour ceux qui ont besoin d’espace ou d’accompagnement.
Des chiffres qui parlent
Selon la RTBF, environ 207.000 trajets ont été effectués via ce service, pour 3.000 utilisateurs enregistrés. Avec cette nouvelle limite, ce sont environ 23.000 trajets qui disparaîtront. La STIB explique cette réduction par un surcoût de 1,6 million d’euros, sur un budget total de 4,7 millions. Elle craint une perte dépassant les 2 millions cette année.
“Des conditions de mobilité inéquitables”
Pour Mathieu Angelo, directeur du CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles), cette restriction compromet gravement l’égalité d’accès à la mobilité : “Cette réduction ne permettra plus aux PMR de se déplacer dans des conditions équitables à celles des autres clients de la STIB.”
Une économie qui coûte cher humainement
Limiter le nombre de trajets revient à demander aux personnes en situation de handicap de choisir entre santé, travail, vie sociale ou démarches administratives. C’est un retour en arrière inquiétant dans une Région qui se veut inclusive et respectueuse des droits fondamentaux.