Chais'art : l'expo qui dénonce les violences faites aux femmes en situation de handicap
À Woluwe-Saint-Lambert, l’exposition Chais’Art dévoile ses œuvres engagées dénoncant les violences faites aux femmes en situation de handicap.
Un cri artistique contre une double invisibilisation
Les femmes en situation de handicap sont deux à trois fois plus exposées aux violences que les autres femmes. Pourtant, leurs histoires restent souvent dans l’ombre : violences physiques, psychologiques, institutionnelles, économiques ou sexuelles… elles subissent non seulement les violences, mais aussi le manque de reconnaissance, de protection et d’accessibilité aux services d’aide.
L’exposition Chais’Art met en avant cette réalité méconnue en utilisant un symbole fort : la chaise, objet banal mais ici transformé en porte-voix.
Chaque œuvre raconte une histoire : celle d’une femme qui a été empêchée, ignorée, contrôlée… ou celle d’une femme qui résiste, affirme sa dignité et réclame le droit à une vie sans violence. Une femme en situation de handicap reste une femme autonome, et une femme autonome doit avoir le droit d'être écoutée et respectée.
Une installation immersive au cœur de Woluwe-Saint-Lambert
Installée à la maison communale de Woluwe-Saint-Lambert, l’exposition invite les passants à s’arrêter, observer ou encore réfléchir. Les affiches des chaises exposées explorent la diversités des violences pouvant être subit par une femme en situation de handicap. Certaines portent les mots de survivantes, d’autres des messages de prévention, d’autres encore des symboles évoquant la contrainte ou la libération.
L’objectif est clair : faire de l’espace public un espace de sensibilisation où la violence ne peut plus se cacher.
Des témoignages et des chiffres qui interpellent
L’exposition rappelle que de nombreuses femmes en situation de handicap dépendent davantage de leur entourage, ce qui peut renforcer la vulnérabilité face aux violences. Il y a aussi l’accès aux services de soutien telles que le CPAS, la police, les refuges, les soins médicaux ou encore une lignes d’écoute qui reste souvent entravé : obstacles physiques, manque de formation du personnel, absence d’outils adaptés. A savoir que les violences institutionnelles au niveau de la négligence, de l'infantilisation, du refus d’aménagement, sont rarement reconnues comme telles.
En rendant visible l’invisible, Chais’Art contribue à faire évoluer les mentalités et les pratiques.
L’art comme vecteur de changement social
Chais’Art ne se limite pas à montrer. L’exposition cherche aussi à mobiliser : les citoyens, les familles et proches peuvent apprendre, à travers l'exposition, à écouter, croire ou encore accompagner. Les institutions, quant à elles, peuvent adapter leurs services et garantir l’égalité d’accès. Les décideurs politiques peuvent également être impliqué, dans la mesure où ils renforcent les politiques publiques de prévention, d'accueil ou encore de protection.
Cette exposition est essentiel parce qu’aucune femme ne devrait être laissée de côté dans la lutte contre les violences. Parce que la société a trop longtemps ignoré la parole et les droits des femmes en situation de handicap.
Parce que la sensibilisation est la première étape vers le changement.
Parce qu’en observant une simple chaise transformée, chacun peut comprendre que la violence peut s’asseoir dans n’importe quel foyer, dans n’importe quelle institution, c’est ensemble qu’on doit la faire tomber.
Chais’Art est bien plus qu’une exposition : c’est un acte de résistance, un signal d’alarme, un appel collectif. À Woluwe-Saint-Lambert, ces chaises racontent des histoires de douleur, mais aussi des histoires de courage. Elles demandent que l’on regarde, que l’on écoute, que l’on agisse.
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